Ces temps-ci, c'est comme si j'avais un nuage gris au-dessus de ma tête. Comme si je vivais éveillée dans un cauchemar. C'est très désagréable comme sensation. J'ai encore beaucoup de difficulté avec mon mode de vie. Je me couche souvent beaucoup trop tard, mange mal, etc. Je vois un psychologue depuis quelques semaines, mais je ne sais plus trop si ça m'aide ou pas. Il me dit carrément ce qu'il pense de mes agissements et me fait sentir mal. De savoir que tel comportement n'est pas "normal", que c'est quelque chose de "malade", ce n'est pas très réjouissant. Je cherche en vain la Karine d'autrefois, celle qui était beaucoup plus "normale" justement. Je n'y arrive pas.
Je viens d'entendre à la télé Mahée Paiement qui disait que Patrick Huard lui avait dit qu'elle pouvait faire tout ce qu'elle voulait de sa vie. Je me demande si cette affirmation est vraiment vraie. Je vois tout en noir.
Demain matin, je commence à prendre une dose de lithium plus élevée. Je sais qu'il ne faut pas juste compter sur les médicaments, mais j'espère que ça va aider mon humeur un peu. Il faut que je trouve un moyen de changer ma vie par moi-même, plutôt que de chercher de l'aide extérieure, car même si j'ai 10 personnes pour me dire ce que je devrais faire, je ne le fais pas. Je sens qu'il faut que ça vienne de moi. J'ai hâte d'avoir le courage de faire face à ma vie et de me comporter en adulte.
Tout m'apparaît comme une montagne, alors que ça semble si facile pour d'autres. Mais j'imagine qu'on a tous nos démons à dompter.
vendredi 11 mars 2011
jeudi 9 décembre 2010
Lithium - étape 3
Depuis le 11 novembre, je prends tous mes comprimés de lithium en une dose, ce qui a fait augmenter un peu le taux de lithium dans mon sang. J'ai eu des effets indésirables comme des nausées et de la diarrhée, mais maintenant ça va mieux. Je n'ai pas encore la dose qu'il me faudrait, mais ma psychiatre est très prudente et préfère y aller graduellement. Je ne pensais pas que ce serait si long! Je dois aller me faire faire une prise de sang en janvier. Je vais avoir plus de détails à ce moment.
Je ne sais pas vraiment si ça a changé quelque chose dans mon humeur, mais je pense que oui. Il me semble que je suis plus de bonne humeur et positive. Par contre, je me demande parfois si c'est normal que je sois joyeuse! Et depuis que je suis joyeuse, je dépense plus... C'est tannant, car je me demande souvent si je ne risque pas de refaire une manie quand je sens que je suis plus "high". Pourtant, je vois plein de gens qui ne sont pas bipolaires et qui sont souvent très joyeux, qui rient de bon coeur, qui sont très expressifs. Mais moi, parce que je sais que j'ai cette maladie, je me demande si je suis normale quand je suis très joyeuse. Pourtant, ça fait tellement de bien être heureux!
Sinon, je m'entraîne maintenant quatre fois par semaine et ça va bien! Puis je me suis inscrite à Minçavi. Mon corps commence à changer. J'espère qu'un jour je pourrai redevenir mince comme avant, même si quelques professionnels de la santé à qui j'en ai parlé en doute. Je vais commencer par essayer de perdre quelques livres et on verra plus tard!
Je ne sais pas vraiment si ça a changé quelque chose dans mon humeur, mais je pense que oui. Il me semble que je suis plus de bonne humeur et positive. Par contre, je me demande parfois si c'est normal que je sois joyeuse! Et depuis que je suis joyeuse, je dépense plus... C'est tannant, car je me demande souvent si je ne risque pas de refaire une manie quand je sens que je suis plus "high". Pourtant, je vois plein de gens qui ne sont pas bipolaires et qui sont souvent très joyeux, qui rient de bon coeur, qui sont très expressifs. Mais moi, parce que je sais que j'ai cette maladie, je me demande si je suis normale quand je suis très joyeuse. Pourtant, ça fait tellement de bien être heureux!
Sinon, je m'entraîne maintenant quatre fois par semaine et ça va bien! Puis je me suis inscrite à Minçavi. Mon corps commence à changer. J'espère qu'un jour je pourrai redevenir mince comme avant, même si quelques professionnels de la santé à qui j'en ai parlé en doute. Je vais commencer par essayer de perdre quelques livres et on verra plus tard!
samedi 16 octobre 2010
Lithium - étape 2
Me voilà avec une nouvelle dose de lithium. C'est la deuxième étape qui commence. J'aurai une prise de sang à faire dans quelques semaines et après, elle va sûrement l'ajuster à nouveau, pour une dernière fois. J'ai bien hâte de voir si cela fera une différence dans ma vie!
samedi 25 septembre 2010
C'est fait... la suite!
Bonjour! Je continue encore la prise du lithium et tout va bien jusqu'à présent. Je ne sais pas trop encore si ça joue favorablement sur mes humeurs, mais on verra bien avec le temps. Pour le moment, je n'ai pas une forte dose. Ma psychiatre va regarder combien j'en ai dans le sang (j'ai pris une prise de sang mardi) et l'ajuster au besoin. Quand j'aurai la concentration idéale dans le sang, elle va voir si je vais bien et si oui, elle va sûrement baisser le Seroquel XR que je prends présentement. J'espère vraiment que le lithium fera une différence dans ma vie!
mercredi 15 septembre 2010
C'est fait!
C'est fait! J'ai pris ma première pilule de lithium ce matin! Jusqu'à présent, tout se passe bien. Merci pour vos encouragements! Je vous en dirai plus bientôt!
lundi 13 septembre 2010
Une bipolaire qui se soigne?
Bonjour à vous! Je n'ai pas été très active sur mon blog ces derniers temps! En fait, je n'ai pas été active du tout! Ce que je me rends compte, c'est qu'après quatre mois de mutisme sur mon blog, rien n'a vraiment changé pour moi. J'en suis encore à la croisée des chemins. Je pourrais réécrire exactement la même chose qu'il y a quatre mois à savoir que:
« Je songe fortement à changer de médication, comme on me le suggère depuis le début de ma maladie, il y a déjà deux ans. Je n'ai jamais été friande de médicaments et je suis toujours un peu angoissée quand j'en prends un nouveau. Mais je pense que je suis maintenant à la croisée des chemins. Il faut que ça change. Je dois perdre 70 livres et je dois être plus énergique pour passer au travers mes journées. Je dois aussi faire un virage à 180 concernant mon mode de vie et le nouveau médicament qu'on me propose pourrait jouer un rôle en ce sens. »
Comme je vous l'ai dit plus haut, ça, c'était il y a quatre mois. Je n'ai pas changé de médication, je n'ai pas perdu une livre, je ne suis pas plus énergique et je n'ai pas tellement changé mon mode de vie, mis à part que je cuisine plus, que je mange un peu mieux et que je me suis abonnée au gym. Wow, le gym! C'est un bon changement, direz-vous. Oui, mais il me reste à y aller!
Demain, je rencontre ma psychiatre. On va parler pour une Xe fois du lithium, un médicament qui stabilise l'humeur. Les effets secondaires possibles font frémir, mais bien sûr, ça ne veut pas dire que je vais en avoir! (Je parle au présent, ça doit être parce que je suis quand même décidée à le prendre!) Ce médicament a l'avantage (ou le désavantage, selon comment on le voit) d'être mesuré dans le sang, afin de trouver la dose thérapeuthique et d'éviter les surdoses. Des prises de sang sont requises fréquemment en début de traitement et aux trois mois, environ, par la suite. C'est LE médicament reconnu pour traiter la bipolairité, en particulier les manies. Comme je ne suis pas en manie ni en dépression présentement, il serait prescrit à titre préventif et aussi pour stabiliser mes humeurs au jour le jour. Et je dois avouer que mes humeurs ne sont jamais vraiment égales et que ces temps-ci, elles sont beaucoup plus basses que hautes. Malgré tous les avantages que ce médicament semble avoir pour les cas de bipolarité comme moi, j'hésite encore à le prendre. Pourquoi? J'ai la chienne. La chienne de feeler mal, d'avoir des effets secondaires, d'être allergique, toutes sortes de peurs qui ne devraient pas être. Je sais, c'est con! Bien des gens autour de moi me disent qu'ils n'hésiteraient pas une seconde à le prendre s'ils avaient ma maladie. C'est ce qu'ils disent, mais ils ne sont pas dans ma peau! Plusieurs bipolaires attendent beaucoup plus longtemps que moi avant de se décider et pire, certains arrêtent leur médication sous prétexte qu'ils se sentent mieux et qu'ils n'en ont pas besoin, ce qui entraîne plus souvent qu'autrement des rechutes. Mais bon, arrêtons les comparaisons et revenons à moi!
Pour en revenir au titre de ce message, je commence à trouver que le titre de mon blog n'est pas représentatif de ce que je vis. Suis-je vraiment une bipolaire... qui se soigne? En fait, disons que je me soigne à moitié, comme me l'a dit l'infirmière qui me suis en clinique externe. Je ne suis pas couverte à 100 % présentement avec les médicaments que je prends (un antipsychotique et une petite portion d'antidépresseur). Le lithium, ajouté progressivement à ces deux médicaments, me couvrirait davantage contre les risques de rechute et m'aiderait à gérer mes humeurs. L'antipsychotique continuerait de me protéger contre une psychose, la partie la plus horrifiante que j'ai eue lors de ma maladie, et l'antidépresseur serait là pour l'anxiété, etc. Et peu à peu, je pense que je pourrais me débarrasser de l'antipsychotique au profit du lithium, car étant donné que le lithium réduit les risques de manies, ça réduit les risques de psychoses, car c'est plus souvent qu'autrement la manie qui mène à la psychose.
Alors, voilà! En conclusion, je peux vous dire que vivre avec la maladie mentale n'est pas chose facile. On ne sait jamais vraiment si un jour on va vivre parfaitement normalement comme les autres ou si on va toujours traîner un petit quelque chose de la maladie mentale, même si on est soigné. Demain, j'aurai une grande décision à prendre qui risque de changer ma vie positivement: prendre le lithium. Ayez une pensée pour moi!
« Je songe fortement à changer de médication, comme on me le suggère depuis le début de ma maladie, il y a déjà deux ans. Je n'ai jamais été friande de médicaments et je suis toujours un peu angoissée quand j'en prends un nouveau. Mais je pense que je suis maintenant à la croisée des chemins. Il faut que ça change. Je dois perdre 70 livres et je dois être plus énergique pour passer au travers mes journées. Je dois aussi faire un virage à 180 concernant mon mode de vie et le nouveau médicament qu'on me propose pourrait jouer un rôle en ce sens. »
Comme je vous l'ai dit plus haut, ça, c'était il y a quatre mois. Je n'ai pas changé de médication, je n'ai pas perdu une livre, je ne suis pas plus énergique et je n'ai pas tellement changé mon mode de vie, mis à part que je cuisine plus, que je mange un peu mieux et que je me suis abonnée au gym. Wow, le gym! C'est un bon changement, direz-vous. Oui, mais il me reste à y aller!
Demain, je rencontre ma psychiatre. On va parler pour une Xe fois du lithium, un médicament qui stabilise l'humeur. Les effets secondaires possibles font frémir, mais bien sûr, ça ne veut pas dire que je vais en avoir! (Je parle au présent, ça doit être parce que je suis quand même décidée à le prendre!) Ce médicament a l'avantage (ou le désavantage, selon comment on le voit) d'être mesuré dans le sang, afin de trouver la dose thérapeuthique et d'éviter les surdoses. Des prises de sang sont requises fréquemment en début de traitement et aux trois mois, environ, par la suite. C'est LE médicament reconnu pour traiter la bipolairité, en particulier les manies. Comme je ne suis pas en manie ni en dépression présentement, il serait prescrit à titre préventif et aussi pour stabiliser mes humeurs au jour le jour. Et je dois avouer que mes humeurs ne sont jamais vraiment égales et que ces temps-ci, elles sont beaucoup plus basses que hautes. Malgré tous les avantages que ce médicament semble avoir pour les cas de bipolarité comme moi, j'hésite encore à le prendre. Pourquoi? J'ai la chienne. La chienne de feeler mal, d'avoir des effets secondaires, d'être allergique, toutes sortes de peurs qui ne devraient pas être. Je sais, c'est con! Bien des gens autour de moi me disent qu'ils n'hésiteraient pas une seconde à le prendre s'ils avaient ma maladie. C'est ce qu'ils disent, mais ils ne sont pas dans ma peau! Plusieurs bipolaires attendent beaucoup plus longtemps que moi avant de se décider et pire, certains arrêtent leur médication sous prétexte qu'ils se sentent mieux et qu'ils n'en ont pas besoin, ce qui entraîne plus souvent qu'autrement des rechutes. Mais bon, arrêtons les comparaisons et revenons à moi!
Pour en revenir au titre de ce message, je commence à trouver que le titre de mon blog n'est pas représentatif de ce que je vis. Suis-je vraiment une bipolaire... qui se soigne? En fait, disons que je me soigne à moitié, comme me l'a dit l'infirmière qui me suis en clinique externe. Je ne suis pas couverte à 100 % présentement avec les médicaments que je prends (un antipsychotique et une petite portion d'antidépresseur). Le lithium, ajouté progressivement à ces deux médicaments, me couvrirait davantage contre les risques de rechute et m'aiderait à gérer mes humeurs. L'antipsychotique continuerait de me protéger contre une psychose, la partie la plus horrifiante que j'ai eue lors de ma maladie, et l'antidépresseur serait là pour l'anxiété, etc. Et peu à peu, je pense que je pourrais me débarrasser de l'antipsychotique au profit du lithium, car étant donné que le lithium réduit les risques de manies, ça réduit les risques de psychoses, car c'est plus souvent qu'autrement la manie qui mène à la psychose.
Alors, voilà! En conclusion, je peux vous dire que vivre avec la maladie mentale n'est pas chose facile. On ne sait jamais vraiment si un jour on va vivre parfaitement normalement comme les autres ou si on va toujours traîner un petit quelque chose de la maladie mentale, même si on est soigné. Demain, j'aurai une grande décision à prendre qui risque de changer ma vie positivement: prendre le lithium. Ayez une pensée pour moi!
samedi 22 mai 2010
Visite à l'hôpital
J'ai travaillé au centre d'achat aujourd'hui. J'étais fatiguée, mais ça s'est bien passé. J'ai eu la visite d'une amie que je n'avais pas vue depuis deux ans; elle est venue dîner avec moi. J'étais gênée de la revoir, vu que j'ai pris vraiment beaucoup de poids. Je me dis toujours que les gens qui m'ont vue à 130 livres et qui me revoient maintenant à 200 doivent avoir un choc et se dire: Mon Dieu qu'elle est rendue grosse! Mais je m'en fais peut-être trop... au fond, les gens revoient Karine, pas une personne grosse.
Après ma journée de travail, je suis retournée au 3e étage du CHUL, où j'ai été hospitalisée en 2008. J'y suis allée concernant le fameux projet dont je vais vous parler plus tard... mais j'en ai profité pour aller voir une patiente qui est là depuis 4 ans! Imaginez! C'est une unité brève de traitement et ils gardent cette femme depuis toutes ces années! Je ne connais pas son diagnostic exact, mais disons qu'elle est 50% lucide. Un patient faisait la remarque qu'elle n'était pas dans un bon milieu pour elle et je suis tout à fait d'accord. Ce n'est qu'un corridor avec une galerie avec une grosse grille. Il n'y a aucune stimulation là-bas. Tout ce qu'elle fait de ses journées, c'est manger, dormir, se promener dans le corridor et écouter la télé dans le salon. Aucune stimulation intellectuelle! Pas d'activités, rien! C'est inconcevable. Je suis certaine que si elle était dans un milieu plus adapté, elle en gagnerait en lucidité. Quand j'étais là, je m'occupais beaucoup d'elle et son état s'était amélioré. Et je ne fabule pas! Quand je suis arrivée au CHUL, elle changeait d'idée aux deux minutes: Je m'en vais sur la galerie, je m'en vais me coucher, je m'en vais dans le salon... une vraie girouette! Moi, je l'aidais à choisir où elle voulait aller et à rester à cet endroit plus que deux minutes! Je lui faisais lire des revues à voix haute, je lui posais des questions sur sa vie d'avant, etc. On voit que c'est une femme qui a déjà été très lucide. Je ne sais pas ce qui l'a rendue comme elle est maintenant, mais c'est clair que le milieu ne l'aide pas.
J'ai aussi parlé avec une autre patiente qui était là depuis deux mois, qui s'était fait attacher une fois et qui était allée dans "le cachot" six fois. Ils la disent bipolaire, elle pense qu'elle fait un burn-out. Mais peu importe son diagnostic, je suis révoltée de la façon qu'ils traitent les patients. Quand tu te promènes en jaquette pendant deux mois sans avoir le droit d'aller te chercher un café dans une machine ou de sortir dehors, ce n'est rien pour améliorer ton sort. Et ce qui me choque, c'est qu'à chaque fois que j'en parle à des gens de ma famille ou des amis, ils ne partagent pas mon point de vue. Ça paraît qu'ils n'ont pas vécu ce que j'ai vécu! En 2008, j'étais dans un high, mais je me rendais compte de ce qui se passait! Je n'étais pas folle! Je me rappelle très bien des trois fois où on m'a attachée, supposément pour mon bien, et de toutes les fois où on m'enfermait dans une petite pièce avec des barbelés sur les fenêtres, sans avoir le droit d'aller aux toilettes. J'ai même failli pisser dans mes culottes une fois juste pour qu'ils aient à me changer, mais je me disais que c'était moi qui serait pognée dans ma pisse! C'est cru, mais c'est ça pareil! Ils me disaient que je n'avais pas besoin d'aller aux toilettes. Ils décidaient si j'avais envie ou non!
J'ai beaucoup de révolte en moi concernant les sévices que l'on fait subir aux malades, supposément pour leur bien! Bien sûr, ils sont des dangers pour eux-mêmes et les autres! Je pense surtout qu'ils dérangent, et les préposés n'aiment pas se faire déranger pendant qu'ils jouent aux cartes entre-eux... Quand tu as le malheur de te lever dans la nuit parce que tu n'es pas capable de dormir, que tu es angoissé, etc., ils te retournent dans ta chambre parce qu'ils n'ont pas le goût de s'occuper de toi. Ils veulent que tu dormes, car c'est la nuit. Mais comment dormir quand tu les entends rire des blagues qu'ils se font, qu'ils viennent aux 30 minutes avec un gros "spot" dans ton visage au cas où tu serais en train de vouloir te suicider avec un verre en styromousse... car c'est tout ce que tu as d'effet personnel dans ta chambre... ils ne prennent pas de chance!
Je généralise un peu, car il y a au CHUL des préposé(e)s et des infirmier(ère)s en or! Des gens qui sont à leur place, pour qui un patient, aussi malade qu'il soit, est un être humain à part entière! À ceux-là, je dis MERCI! Merci beaucoup Gilles, Julie, Anne et les autres! Si vous n'aviez pas été là, je ne sais pas comment j'aurais pu m'en tirer! Je vous aime! xxx
Après ma journée de travail, je suis retournée au 3e étage du CHUL, où j'ai été hospitalisée en 2008. J'y suis allée concernant le fameux projet dont je vais vous parler plus tard... mais j'en ai profité pour aller voir une patiente qui est là depuis 4 ans! Imaginez! C'est une unité brève de traitement et ils gardent cette femme depuis toutes ces années! Je ne connais pas son diagnostic exact, mais disons qu'elle est 50% lucide. Un patient faisait la remarque qu'elle n'était pas dans un bon milieu pour elle et je suis tout à fait d'accord. Ce n'est qu'un corridor avec une galerie avec une grosse grille. Il n'y a aucune stimulation là-bas. Tout ce qu'elle fait de ses journées, c'est manger, dormir, se promener dans le corridor et écouter la télé dans le salon. Aucune stimulation intellectuelle! Pas d'activités, rien! C'est inconcevable. Je suis certaine que si elle était dans un milieu plus adapté, elle en gagnerait en lucidité. Quand j'étais là, je m'occupais beaucoup d'elle et son état s'était amélioré. Et je ne fabule pas! Quand je suis arrivée au CHUL, elle changeait d'idée aux deux minutes: Je m'en vais sur la galerie, je m'en vais me coucher, je m'en vais dans le salon... une vraie girouette! Moi, je l'aidais à choisir où elle voulait aller et à rester à cet endroit plus que deux minutes! Je lui faisais lire des revues à voix haute, je lui posais des questions sur sa vie d'avant, etc. On voit que c'est une femme qui a déjà été très lucide. Je ne sais pas ce qui l'a rendue comme elle est maintenant, mais c'est clair que le milieu ne l'aide pas.
J'ai aussi parlé avec une autre patiente qui était là depuis deux mois, qui s'était fait attacher une fois et qui était allée dans "le cachot" six fois. Ils la disent bipolaire, elle pense qu'elle fait un burn-out. Mais peu importe son diagnostic, je suis révoltée de la façon qu'ils traitent les patients. Quand tu te promènes en jaquette pendant deux mois sans avoir le droit d'aller te chercher un café dans une machine ou de sortir dehors, ce n'est rien pour améliorer ton sort. Et ce qui me choque, c'est qu'à chaque fois que j'en parle à des gens de ma famille ou des amis, ils ne partagent pas mon point de vue. Ça paraît qu'ils n'ont pas vécu ce que j'ai vécu! En 2008, j'étais dans un high, mais je me rendais compte de ce qui se passait! Je n'étais pas folle! Je me rappelle très bien des trois fois où on m'a attachée, supposément pour mon bien, et de toutes les fois où on m'enfermait dans une petite pièce avec des barbelés sur les fenêtres, sans avoir le droit d'aller aux toilettes. J'ai même failli pisser dans mes culottes une fois juste pour qu'ils aient à me changer, mais je me disais que c'était moi qui serait pognée dans ma pisse! C'est cru, mais c'est ça pareil! Ils me disaient que je n'avais pas besoin d'aller aux toilettes. Ils décidaient si j'avais envie ou non!
J'ai beaucoup de révolte en moi concernant les sévices que l'on fait subir aux malades, supposément pour leur bien! Bien sûr, ils sont des dangers pour eux-mêmes et les autres! Je pense surtout qu'ils dérangent, et les préposés n'aiment pas se faire déranger pendant qu'ils jouent aux cartes entre-eux... Quand tu as le malheur de te lever dans la nuit parce que tu n'es pas capable de dormir, que tu es angoissé, etc., ils te retournent dans ta chambre parce qu'ils n'ont pas le goût de s'occuper de toi. Ils veulent que tu dormes, car c'est la nuit. Mais comment dormir quand tu les entends rire des blagues qu'ils se font, qu'ils viennent aux 30 minutes avec un gros "spot" dans ton visage au cas où tu serais en train de vouloir te suicider avec un verre en styromousse... car c'est tout ce que tu as d'effet personnel dans ta chambre... ils ne prennent pas de chance!
Je généralise un peu, car il y a au CHUL des préposé(e)s et des infirmier(ère)s en or! Des gens qui sont à leur place, pour qui un patient, aussi malade qu'il soit, est un être humain à part entière! À ceux-là, je dis MERCI! Merci beaucoup Gilles, Julie, Anne et les autres! Si vous n'aviez pas été là, je ne sais pas comment j'aurais pu m'en tirer! Je vous aime! xxx
Inscription à :
Articles (Atom)
